Goodbye Africa

Nous y sommes. Après plus de 3 mois de périple aujourd’hui nous quittons l’Afrique. Rejoindre Cape Town depuis Nairobi fut le premier grand challenge du Projet SOURCE. Plus de 4000 Kms à travers ce continent qui alimente tant de peurs et de fantasmes en Europe.

Et pourtant nous l’avons fait presque sans encombre. “Presque” ? Oui tout de même, toute aventure qui se respecte a droit à son petit lot de galères. Mais nous voilà bel et bien au Cap, vivant et en bonne santé. L’heure est donc venue pour un petit bilan sur cette première étape.

Comment traverser 7 pays Africains par la voie terrestre sans devenir fou ? Voici deux petites règles de base :

1- Etre patient. Cela pourrait vous paraître évident, mais sachez qu’ici, la conception du temps est différente. La réponse face à une impatience typiquement occidentale est toujours la même : le mec, qui ne transpire absolument pas sous cette chaleur à la limite du supportable, se tourne tranquillement vers toi et sourit. Il te regarde derrière ses lunettes de soleil et te dit : “African time my friend”

African time… Langoureux, extensible, adaptable, imprévisible, ce temps-là n’a rien à voir avec le notre. Les concepts “d’être à l’heure” ou même “d’horaires” n’ont pas vraiment de sens ici. Les bus partent quand ils sont plein et arrivent quand la route le permet.

2- Ne jamais être étonné, tout peut arriver : Nous sommes déjà 20 dans minibus à 12 places, sur le bord de la route une femme avec 5 sacs et 3 enfants fait signe au chauffeur. Tu te dis que de toute façon c’est impossible… Et pourtant, le bus s’arrête. “It’s ok sister, no problem”. Tu montes dans un taxi et t’étonnes du poulet vivant à tes pieds qui te picore les chevilles ? “It’s Ok brother, no problem”. En rentrant dans un minibus à 6h du matin la musique et les basses sont tellement fortes que tu te demandes si tu ne viens pas de franchir la porte d’une boite de nuit ? “It’s Ok my friend, just jamming”. Le bureau de change à la frontière Malawi/Zambie est fermé le dimanche ? No problem, le douanier lui même t’indiquera le marché noir. Trop de monde dans le bus pour passer le barrage de police ? “Tiens, montes sur ce vélo pendant quelques mètres, tu récupéreras le bus après.”

Petit à petit nous apprenons donc les joies et “non-codes” des transports Africains.

En bus, à  pieds, en matatus, taxis, boda-boda, bateau, barque, vélo, tuk-tuk, stop, nous descendons inexorablement vers le sud.

 

Des grandes villes oppressantes et polluées aux campagnes calmes et reculées. Du lac Malawi au désert de Namibie. Des plages paradisiaques de l’océan indien à celles déchainées de l’océan Atlantique. De la vie sauvage tanzanienne à l’île aux épice de Zanzibar. Des chutes Victoria au delta de l’Okavango. de Jo’burg à Cape Town en passant par la Wild Coast Sud Africaine, l’Afrique se dévoile, immense, belle et extrêmement diverse.

Nous découvrons le Nsima et le butterfish, la culture Swahili pleine de “Djambo”, “Membo, powa” et “Hakuna matata”. Nous apprenons l’importance de la famille, les différentes tribus et communautés, le respect du lion et de l’éléphant. Nous déambulons dans ces marchés bondés, bruyants et incroyablement vivants, joyeux bordel de cris et de musique où tout se vend et se négocie. Nous acceptons d’être les seuls blancs des lieux, assumant petit à petit notre statu de Mzungu. Nous rencontrons et interviewons au long de la route des entrepreneurs variés.

Garagistes, couturières, réparateurs de pneus où de chaussures, éleveurs de poulets, barbier, tatoueuse au henné… Tous se prêtent volontiers à notre étude et nous surprennent souvent par la pertinence et la qualité de leurs réponses.

 

Safaris, guerres, sida et pauvreté sont malheureusement bien souvent les seules images qui font parler de l’Afrique en Europe. Or même si ce sont évidemment des réalités, ces clichés ne peuvent en aucun cas définir à eux seuls un continent si vaste. Vous entendez parler de violence et insécurité ? On vous parlera nous de gentillesse, entraide et accueil chaleureux. Vous pensez à illettrisme et au manque d’éducation ? On vous présentera des jeunes Tanzaniens pour discuter avec vous de la Politique Agricole Commune Européenne…

Évidemment rien n’est jamais tout noir ou blanc (à part peut-être la peau du touriste fraichement débarqué ici comparée à celle des locaux). Et évidemment 3 mois ne suffisent pas pour peindre une description parfaitement objective et réaliste. Mais notre message est unanime :

Oubliez les clichés stupides et peurs injustifiées, venez explorer par vous même le continent. Le “road-trip” se pratique bien plus qu’on ne le pense ici. Alors n’hésitez plus, vous découvrirez une Afrique haute en couleur d’une richesse et d’une diversité culturelle merveilleuse. Une Afrique à la fois sage, bruyante et épicée, tiraillée entre traditions et modernité. Une Afrique proche de sa vie sauvage d’une beauté époustouflante. Une Afrique qui sourit aux étrangers même dans les coins le plus reculés, une Afrique où tout le monde vous saluera et viendra vous parler dans la rue, une Afrique qui chante, danse et explose de rire avec une facilité déconcertante.

Quant à nous, c’est avec émotion que l’on quitte aujourd’hui cette Afrique que l’on à appris à aimer et qui va nous manquer.

Africa-periple